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EP Rose jour #6 – Ne fais pas comme moi.

 

La pièce maîtresse de cet EP, le grand final.

Pour cette chanson j’ai réuni les membres d’un groupe avec lequel nous avions fait beaucoup de studios et de concerts ! Nous nous connaissons tous et pour certains, nous ne nous étions pas revus et à peine parlé depuis plus d’un an (la vie toussa). Nous n’avions pas de plan, j’étais juste venu avec quelques riffs, une structure, et ce que je voulais dire par ce morceau. Mais je ne me faisais pas de souci sur le résultat. Quand on a joué aussi longtemps ensemble, nous savons très bien qui prendra quelle place et ce qu’on peut demander à chacun. Nous nous sommes donc pas foutu la pression, sommes arrivés un vendredi soir, partis le dimanche suivant en fin de journée, c’était il y a bientôt deux ans en janvier 2017, et avons mis en boîte ce qui est un des morceaux les plus puissants de l’EP.

Un ami avait tourné aussi beaucoup d’images durant l’enregistrement mais…. Je les ai toute perdues… à notre plus grand regret !
En tout cas, il était bon d’être de nouveau entouré de personnes aussi talentueuses sur ce projet !!! Qu’il s’agisse de ce titre ou de tous les autres !

La fin d’un truc

J’arrive à court de mots pour parler des titres et j’ai peur de trop en dire parfois. Il faut peut-être pas tout expliquer et laisser de la place à l’imagination. En tout cas pour ceux qui ont lu ou liront la version littéraire de Derrière Le Soleil, vous verrez qu’il s’agit ici d’une fin alternative au premier acte dont le dernier chapitre sera mis en ligne demain.
N’en reste pas moins qu’il y a dans ce morceau tout ce qui compose Derrière Le Soleil ; de la violence, du contemplatif, du texte, de l’instrumental, et bizarrement une forme d’apaisement. Le texte a, comme pour celui de « Ce ne sont pas des adieux », été écrit juste avant de rentrer dans la cabine. L’idée que le personnage d’Antonin puisse écrire une lettre à l’enfant qu’il a été, lui donnant des conseils. Avec un peu de recul et alors que j’écris ces lignes je pense à cette phrase clôturant l’album de NINE INCH NAILS, The Downward Spiral, « If I could Start again, Million miles away, I will keep myself, I would find a Way »…

Sans vouloir être trop mélo (d’façon on s’en fout, si vous êtes là c’est qu’on se connaît hein ?), c’est un peu le constat que je fais. On ne peut pas revenir en arrière, pour le mal et le bien, pour ce qu’on veut ou pas, on peut pas revenir en arrière. Beaucoup diront, faut vivre avec, perso je parlerais plus de survie. Ce que j’ai compris durant les deux dernières années, c’est qu’il ne faut pas se cacher la vérité à soi-même et ne pas avoir peur de dire ce que l’on a à dire à ceux qui sont là pour nous. Le silence crée des incompréhensions, de la peur, de la rancune et après, il est trop tard, ils ne sont plus là. Sans compter que c’est peut-être eux la solution. Ce que j’dis doit vous paraître cliché, peut-être, j’sais pas et clairement je m’en fous – je sais que si vous poursuivez ces lignes c’est qu’une part de vous comprend de quoi je jacte. Sinon, si c’est pas le plaisir de la moquerie, j’vous plains les gars de n’avoir que ça à faire.

J’ai compris que certaines choses ne s’effaceront pas, même si on essaye très très fort. Que peut-être le vrai amour (ça peut paraître redondant, mais je suis persuadé que l’amour qui fera qu’on pourra s’en sortir), c’est peut-être pour commencer celui qu’on se porte à soi-même. J’dis pas que c’est le cas pour moi. Je vois souvent dans le miroir les accointances de la joie s’envoler, le temps au coin des yeux, le vert de l’iris se délaver, je pense aux sourires partagés en se brossant les dents, comme une image qui s’efface. Les soirées et nuits assis sur un tapis à boire du vin rouge, manger des pizzas et écouter de la musique ne sont plus que de lointains fragments de vie. C’est dans le quotidien que la nostalgie frappe le plus fort. La solution serait-elle de n’avoir de cesse de faire la fête, de rencontrer des gens, de baiser, de s’enfiler tout ce qui passe, pour se sentir vivant ? T’être ; jusqu’à ce que tu appelles ça le quotidien, et qu’il vienne te frapper encore plus fort. Te savater la tronche jusqu’à ce que tu tombes dans l’oubli, car rien de tout ça n’aura été vrai. Rien de tout ça ne te propose un avenir. Qu’il est facile de ne pas prendre la route de peur de se tromper de direction, mais un jour faut avancer, et les chemins se réduisent. J’espère pouvoir terminer mon voyage ailleurs que dans un désert aride. J’m’bats pour ça tous les jours, avec plus ou moins de conviction. Faut juste que arriver à avancer sans foutre le feu à tout ce qu’on trouve. En tout cas, je sais comment le chemin doit se terminer, reste plus qu’à monter dans le wagon, pas regarder en arrière car il n’y a plus rien à voir.

Ne fais pas comme moi.
C’est le parfait résumé sous-entendu par Antonin. Ce texte qu’il aurait pu dire à Lou dans cet hélicoptère en route vers son destin. Seul les morts se comprennent entre eux.

Alors faites pas comme moi.
Merci à tous d’avoir écouté ces titres ! Merci à tous mes merveilleux ami·e·s d’avoir été là ! Toutes les personnes qui sont venues enregistrer et celles qui m’ont inspiré.

Merci beaucoup.

Merci à ceux qui participent à l’aventure. Elle va se terminer demain pour certain·e·s, et continuer un tout petit peu plus pour les autres… j’en dis pas plus. On se dit à demain !