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Act 1 - Rose

Chapitre 12

Rose (Troisième partie) / The last Goodbye

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Ce chapitre de « Derrière le soleil » est la Troisième partie d’un chapitre déjà présent sur le site, retrouvez ici pour la partie #1

Et ici pour la partie #2 

Un petit mot avant de commencer


 

Le chapitre et fin de l’acte I

 

Je n’ai plus beaucoup de temps.

Je pense t’avoir déjà tenu assez la jambe comme ça. D’façon, comme je ne cherche plus à changer quoi que ce soit, il est temps de conclure.

Je ne t’ai raconté que le triste, et j’ai oublié de te parler des belles, du beau et du sang. De toute la bienveillance qui a pu m’entourer durant ces trente et une années. Et même si je n’ai pas su en profiter à fond, que beaucoup sont partis, je vais penser à eux jusqu’à ce que tout ça se termine – et c’est pour bientôt.

Écrire c’est se souvenir il paraît.

À chaque ligne, j’ai essayé de ne pas oublier le visage de Rose, de ne pas oublier son parfum, l’odeur de son cou, de ses lèvres, du bruit de ses caresses sur ce qu’il restait de mon âme alcoolisée et détruite dans le silence. J’ai essayé de me rappeler chaque détail de notre relation pour pouvoir, le jour venu, la reprendre là où nous nous étions arrêtés – car j’en était persuadé, c’était elle, l’amour, le vrai, celui qu’il me fallait attendre. Que tout ça n’était que des épreuves avant la paix, que je ne m’étais trompé que sur ma manière d’agir, pas sur la belle personne que je pensais avoir rencontré. Que c’était de ma faute, que tout ça ne se serait pas arrêté si j’avais été quelqu’un de bien. Que mon passé ne me pouvait servir d’excuse pour gâcher le futur, que demain pouvait exister à travers le temps. C’est elle qui dès le premier matin, dans l’aurore d’un appartement de centre-ville, m’a donné envie, finalement, d’y croire encore un peu. C’est quand elle répétait qu’elle me détestait, tout en m’embrassant, la vie au fond de ses reins et ma tête dans ses seins, que j’ai compris que nous deux, c’était différent. Du moins, c’est ce que j’ai cru – peut-être que du sien ce n’était qu’une histoire de plus. Je me suis accroché à l’idée que tout ça représentait une chose qu’on ne pourrait jamais mettre dans un tiroir de la mémoire, à côté d’autres quittances amoureuses. J’me suis accroché malgré l’oubli, malgré les autres, malgré l’attente et la froideur. S’il n’y a pas pire arme que l’ignorance, elle l’avait très bien compris, et me rendait au centuple mes erreurs passées. J’ai écrit tout ça car il n’y a pas meilleure thérapie que d’essayer d’y croire. Et j’y ai cru jusqu’à maintenant Lou. J’sais pas où elle est, ni si elle est encore vivante, peut-être a-t-elle réussi à avoir un billet pour derrière le soleil, qui sait. Quoi qu’il arrive, même si nous nous retrouvons là-haut, il sera trop tard. Je n’existerai plus.

Écrire c’est vivre il paraît.

J’ai revécu tellement de moments que nous avions passés ensemble. Je les ai vécus et vécus encore comme toutes ces scènes de films qui me plaisaient quand j’étais môme et que je n’avais de cesse de rembobiner pour les voir, et revoir encore. Toutes ces musiques que j’ai écoutées en boucle – Les cuivres de la neuvième symphonie de Dvorak, la mélancolie solaire du piano de Schumann, le sautillant des violons de Paganini, le plaintif de Yorke, ou encore l’hypnotique d’Estas Tonne que Rose m’avait fait découvrir avant que je ne dévore son corps.

J’ai revécu ces moments avec tellement de conviction, que je pouvais entendre le bruit de la fine respiration de son corps allongé sur le matelas posé à même le sol, dans la lueur d’un matin qui n’aurait jamais dû s’arrêter. Mais putain Lou, à chacune de ces occasions j’aurai dû lui dire que je ne rentrerais pas chez moi. Que c’était chez elle que ma place était. Que si elle acceptait de m’aimer, je…

T’as raison Lou… pourquoi l’aurait-elle fait. Elle n’a jamais voulu de ça. Elle me l’a juste fait croire. Et le pire dans tout ça, c’est que ce n’était même pas méchamment. Je pense qu’au fond d’elle, elle la voulait aussi cette belle relation, mais n’était pas prête non plus à faire ce qu’il fallait pour la vivre.

Au final, écrire c’était tout ce qu’il me reste Lou. ALors j’ai inscrit pour toujours mon histoire d’amour avec Rose, je l’ai formalisée en quelques sortes – comme pour la faire vivre éternellement ! Alors certes, ce n’était que mon point de vue, et je n’ai peut-être pas assez accentué mes erreurs, les mensonges, tout ce qui a fait de moi un enfoiré, amoureux, très amoureux même, mais un enfoiré quand même. J’ai essayé de l’aider au mieux, mais j’aurais peut-être dû faire plus, prendre le risque de tout quitter pour elle. J’attendais juste un signe. Peut-être ne l’ai-je tout simplement pas vu, perdu dans mon égoïsme. Alors tout ça n’était que ma vision de cette relation, mais je n’ai jamais vraiment eu la sienne. Je lui ai donné une voix avec mon horlogère, mais tout n’était que supposition. Bien que ce personnage m’ait permis de moins en vouloir à ma muse, il n’aura été qu’une figure de mon imagination malade. J’aurais voulu que, même en tant qu’amie, elle soit là, à me donner les réponses aux questions qui m’ont torturées chaque jour pendant des années.

Écrire m’a permis de ne pas passer ma vie à gober des cachets qui parfois te conduisent au fond, où personne ne peut et ne veut te tendre la main. Et tout ça m’a permis surtout de savoir comment faire pour me sortir de tout ça.

Quand je t’ai rencontré Lou, je voyais Paris pour la première fois. Il s’en est fallu de peu pour que ça devienne ma ville préférée. Les quais, la vie, le bruit…

On a tout vu, tout fait, tout découvert. Nous étions jeunes, et moi plus encore.

Ce moment où rien n’est vraiment important, tout n’est que futur en construction et possibles. Le risque aux lèvres, la peur ailleurs et le soufre à la lie de notre cœur. L’illusion adolescente que le temps est une valeur indivisible et que le “pour toujours” existe. La naïveté classique que j’ai toujours voulu rejeter pour le reste de ma vie d’après. Tout n’avait été que circonstances.

Puis il y a eu cette soirée. Celle où les fleurs te sont sorties des bras. Où mes paroles hurlées n’étaient qu’un bruit de fond. La musique d’une cassette mal enregistrée. À ce moment là, on comprend que de répéter « NON, non, c’est pas possible, je vais me réveiller tout ça n’a rien de vrai », ne rendra pas les choses moins réelles. Je me souviens des tubes dans ce qu’il restait de tes bras. Ton air de princesse de conte de fée raté, qui semblait apaisée. J’me souviens sortir de la chambre en me disant que la prochaine fois ça irait mieux, car tu m’l’avais promis rivières sur les joues – que tu n’abandonnerais pas, que tu serais là dans deux putain de semaines et qu’on verrait le Champ de Mars sous la neige.

Il n’a suffit que de quelques jours pour comprendre que, demain n’existerait plus. Ces mots, les années ont essayé de les écrire maintes fois avec la verve d’un ado, celle d’une âme apaisée, d’un fou coincé avec d’autres fous voulant seulement disparaître, et bien d’autres fois encore. Mais il n’y a que maintenant que je vais terminer tout ça, une bonne fois pour toutes. Car tout a une fin, qu’on le veuille ou pas. Et je l’ai compris maintenant.

Écrire c’est se souvenir il paraît.

Je te l’offre ici comme une résignation.

Alors adieu à toi, l’écarlate. Je ne sais pas si tu étais trop pure pour ce monde, ou un truc sans originalité du genre, mais une chose est sûre, c’est que quand viendra la fin je penserai à toi et j’espère ne plus t’en vouloir. Et malgré ta promesse de bientôt, transformée en silence éternel, j’imagine que tu avais tes raisons d’abandonner.

Paraît qu’il ne faut garder que les bons moments… Mais c’est n’est pas parce que les gens ont assez de force pour oublier les autres, que moi je n’en ai pas plus pour me souvenir. Pour vouloir combattre l’oubli, ne pas vouloir lâcher la main de celle que j’aime dans un parc, ses lèvres sur le parvis d’une putain de cathédrale.

Quoi qu’il en soit, je te remercie de m’être apparue quand j’ai voulu suivre le vol blanc des mouches à mon tour. Allongé sur le sol de l’hôtel, les yeux se fermant tous seuls, soulagé moi aussi, le cœur calme – avec juste le sentiment de ne pas avoir terminé quelque chose. J’te remercie toi et ton sourire, cette fraction de secondes où sans dire mot, alors que mon estomac se retournait, il m’a semblé que tu me parlais, que tu disais qu’il fallait continuer, poursuivre le combat, que je ne pouvais partir sans avoir tué mon monstre et l’espoir. Alors j’ai poursuivi mon rêve Lou. Comme Santiago dans le désert, à l’affût du moindre signe du destin que je pourrais interpréter comme me donnant raison de m’accrocher. Pour le beau et le sang, pour l’espoir et Rose.

Mais aujourd’hui je suis fatigué d’écrire pour vivre ce qui n’a pas existé. Je pense pouvoir dire que j’ai fait ce que j’ai pu pour réparer certaines de mes erreurs. Les autres ne pouvant s’effacer qu’avec les douceurs de la vie à deux. Je dépose les armes Lou, j’ai échoué. Et quand je regarde en arrière, je n’ai que des histoires et des poèmes, noircies de beaucoup trop de vin. À trop écrire le temps perdu, j’ai oublié de vivre le présent. Nietzsche disait que spiritualiser ses états de maladie, tel était le rôle de l’artiste. J’sais pas si j’ai été un artiste, en tout cas, j’ai écrit le cœur ouvert, laissant parfois le fond guider mes doigts sur le papier.

Mais je n’ai pas encore fini.

Je peux pas quitter ce monde sans me venger. Je peux pas partir en sachant que j’ai laissé un monstre en liberté. Que je suis coupable, comme tous ceux qui ont fermé les yeux dans la rue, dans leur bande de potes, dans le métro, dans les médias, leur boulot, tous ces lâches parfois moralisateurs, bien pensants et hypocrites, idiots et validistes. Et si quoi qu’il arrive le soleil règlera cette histoire dans quelques heures – c’est de mes mains que ça doit se finir. Cet homme, je l’ai toujours évoqué par le terme de monstre, comme pour éloigner ça du réel, et parfois croire que ce n’était qu’un cauchemar – mais c’est bien d’un homme dont il s’agit, d’un être humain comme toi et moi, comme nous. Et ce soir il doit crever de mes mains, il me faut l’affronter pour partir libre.

Je deviendrai un criminel et me rapprocherai de l’animal, mais qu’importe, c’est le prix à payer pour ceux qui n’ont plus rien à perdre. Alors là, maintenant, dans cette ultime rencontre, tu vois pour la dernière fois l’Antonin que tout le monde a connu jusqu’à présent. Celui qui a le sourire facile, toujours une anecdote à raconter, celui qu’on comprend pas toujours mais que les gens aiment bien, mais jamais assez pour aller jusqu’au bout avec lui et partir à l’aventure, recommencer et vivre à nouveau. Combien de fois avons-nous loupé la chance d’être heureux ? Hein Rose ? Celui à qui on a jamais cessé de dire qu’il ne devrait pas trop se plaindre de sa vie, qu’elle est pas si mal, sans avoir une putain d’idée de ce qu’elle est réellement… « Alors va te faire foutre mec, prends là ma putain de vie s’tu veux hein !! Tu crois quoi bordel ? Tu crois que je préfèrerais pas profiter sereinement de ce que j’ai ? Connard de merde, tu jase sans savoir dans tes petits préjugés à la con. Putain tu me fais bien rire, enfoiré va. J’en ai ma claque qu’on pense que parce que je suis toujours à lever le coude, c’est par hédonisme – non gros, j’suis juste complètement détruit, c’est tout hein ! J’bois pas par choix t’sais, c’est dans mes putains de gènes, c’est aussi parfois mon antidépresseur quand j’en ai ma claque de gober les merdes chimiques qu’on me refile à tour de bras ! Tu crois que c’est de l’hédonisme d’avoir la combinaison Olanzapine et prise de poids, qui te fait te sentir encore plus dégueulasse que tu n’as l’impression de l’être ? Tu crois que de vivre avec le fantôme des suicidés que tu n’as pas pu aider, les cauchemars d’un monstre qui te réveille la nuit, le vide de celle que t’aime, la dépression c’est le putain de paradis ? Et si parce que tu crois que toi tu te plains pas tu es meilleur que moi ? Alors va bien crever.  Je suis un loser, et j’ai pas eu besoin de toi pour le savoir ma gueule. Je reviens des ratés, des alcooliques, de ceux qui ont pris des putains de coups et je t’emmerde. Et non !!! Je me plains pas là-dessus, au contraire ! Ma volonté de gifler ma chienne de vie n’aura été que décuplée par toute cette merde.”

Alors ils pouvaient bien me juger Lou. Ils pouvaient bien parler dans mon dos. Ça n’avait aucune foutue importance. Et si Rose a cru les mots de celle et ceux qui jactaient sur mon compte sans jamais savoir, bah t’être bien que… ouais, t’être bien que je me suis planté sur nous. Elle qui disait qu’elle me connaissait par coeur, en v’là la preuve que non. Alors ouep, t’être bien que je m’suis perdu dans l’idéalisation d’une relation qui en fait n’aurait pas dû compter plus que “On s’amuse et on verra bien”. Mais d’façon c’était trop tard, je n’avais plus qu’elle au fond de mon cerveau.

Bref la seule chose qui a compté par la suite, c’est cet empire que j’ai essayé de construire pour elle malgré tout. Bien qu’elle n’y portait pas d’attention, ni aucun soutien, j’ai coulé le béton et monté les murs. Elle préférait les oeuvres des autres, que ce soit le vide, le vulgaire ou le grandiose, mais j’ai quand même continué. Jusqu’à ce que je n’en puisse vraiment plus.

Mais là, maintenant, il n’est pas question d’elle. Il ne me reste qu’à te dire adieu, un putain d’adieu, un point final my little pumpkin.

Dans quelques heures, je l’aurai buté l’monstre. Je pense à cet instant depuis des semaines, des mois, des années et maintenant que ma décision est prise je me sens bien, même si je dois l’avouer, j’ai un peu le trac de le revoir, de revoir ses yeux, d’entendre cette voix que je n’ai jamais oubliée au final car certaines choses, même si elles disparaissent pendant un temps, finissent par vous revenir au centuple. J’imagine déjà ses suppliques quand je lui couperai sa petite bite et que je pourrai lui dire gentiment à l’oreille , « Mais c’est normal de faire ça, ne t’inquiète pas ! Et tu as de la chance de tomber sur moi, je suis doux ».  Je vais essayer de prendre mon temps, d’y aller lentement, car ça prend du temps de récupérer sa vie. Je vais libérer cette terre d’un putain de fils de pute. Je me vengerai au nom de toutes ces putains d’années. Je me vengerai au nom de tout ce que j’ai déconstruit volontairement, de toutes les choses que j’ai dynamité car je ne pensais pas les mériter, tout ce que j’ai perdu car il m’a rendu malade, détruit pour une vie entière.

T’sais Lou, j’essaierai bien de te dire tout ça d’une manière moins brut, plus belle et douce,  – comme je sais parfois le faire – avec plus de tact, mais en vrai pour quoi faire ? Pour ne pas dire les choses telles qu’elles le sont ? Fuir, encore et toujours ?

J’suis crevé de fuir. J’suis crevé de croire en la beauté, qu’un temps peut-être, apportera. J’suis fatigué d’attendre quelque chose, de tourner en rond dans mon propre égocentrisme. De croire en des lendemains où mon bateau ivre, dans le port des émois, viendra mouiller.

Je n’y crois plus et c’est la raison de cette décision. Dans l’hôtel tu m’as demandé d’aller jusqu’au bout, c’est ce que je fais. Jusqu’à ce que je comprenne que rien ne pouvait me sauver et qu’il fallait que je laisse Rose partir. Maintenant c’est à bout du monstre qu’il faut que je vienne, pour partir libre.

Cette fin du monde tombe à pic. Il n’y a plus rien à faire, rares sont ceux qui survivront – et c’est très bien comme ça. Nous sommes déjà tous morts de toute façon. Je suis mort à six ans, je suis de nouveau mort avec toi et après Rose, je n’avais plus envie de faire l’effort d’être vivant.

On est tous morts de toute façon, nous le sommes tellement qu’en vrai nous n’avons jamais vraiment vécu notre vie ! Ça ressemble à une mauvaise phrase comme il y avait derrière nos pseudos MSN Lou ! Tu te souviens ? Qu’est-ce qu’on a pu rire.

Bref, ne terminons pas sur ça, ce n’est pas ce que nous avons été. Nous méritons mieux. Je te dis donc adieu Lou et merci. Je dis aussi adieu à Rose, car si pour elle cette étape a été faite il y a longtemps, moi je suis plus lent. Mais elle a toujours été en avance sur certaines choses de toute façon. J’espère partir le cœur léger lorsque son visage me reviendra à la mémoire, et n’avoir moi aussi réussi à garder que les bons moments. Lui dire adieu est la chose la plus dure que j’ai eu à faire, même s’il n’existe plus de “nous” depuis tellement longtemps. Je dis adieu à celle qui a fait de ma vie l’enfer le plus paradisiaque qu’il puisse exister. Et si je me suis trompé sur toute la ligne, et qu’elle n’était pas le vrai amour… Je vais quand même continuer à le croire pour le peu de temps qu’il me reste sur cette terre et avant que ce monde ne disparaisse. S’il ne me reste que peu de temps, autant partir le cœur en fête d’avoir trop aimé. Aimé jusque dans des recoins que peu auront eu la chance de visiter, là où la folie n’est pas très loin. Et tu le sais toi Lou que je n’exagère pas.

Je veux t’aimer une dernière fois, pour l’amie que tu as été, et je veux aimer Rose pour l’amante et l’amour qu’elle fût.

Je te laisse ici avec deux cassettes. Une qui était pour toi. L’autre pour ELLE.

J’avais tellement peur de partir sans lui avoir tout dit. Maintenant je sais que ça n’aurait rien changé.

Paraît qu’écrire c’est se souvenir.

Wilde disait que celui qui se retourne sur son passé ne mérite pas d’avenir. Ça tombe bien, parce qu’ici personne n’en a plus. C’est la raison pour laquelle je suis venu te dire ces mots avant de partir.

Je suis fatigué. Je vais te laisser et partir faire ce que j’ai à faire. Bon voyage Lou. Et si tu croises Rose, dis lui juste qu’elle me manque terriblement. Et que si la fleur est tombée du fusil, j’aurais vraiment voulu que ça se termine autrement.

Bye Lou.