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Act 1 - Rose

Chapitre 10

Rose (première partie)

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« Cette lettre, Lou, je te l’écris car c’est maintenant l’une des dernières choses qu’il me reste à faire – ça et tuer mon monstre pour vivre à nouveau. Demain, ce monde va exploser – BOUM BOUM – comme par magie, une bonne RAZ ça ne peut pas faire de mal, un reboot pour débugger la machine. Nous avons abusé de la Terre, encore et encore, et maintenant elle nous le fait regretter car l’humanité passe à la caisse ! Tout finit par se payer un jour ou l’autre tu sais, quand viendra mon tour et qu’il me faudra faire les comptes ça ne sera probablement pas glorieux, mais je m’en inquiéterai le moment venu. Il m’aura fallu 18 ans et la fin du monde pour t’adresser de nouveau la parole, mais il n’y a qu’à toi qu’il me reste quelque chose à dire et qui, d’une certaine manière, m’aidera à faire le bilan. Une heure pour te raconter mes 18 dernières années, ça va être très court ma Lou, mais il n’y aura pas d’autres occasions ; quand je serai devenu un assassin et que la fusée m’emmènera loin de cette Terre pourrissante, tu ne seras plus qu’une miette de pain dans un univers passé, rempli de merde et de regrets. Alors, n’attends pas de moi un discours mesuré, précis, recherché, au vocabulaire riche, et à toutes ces conneries… je l’ai déjà fait tant de fois et je suis maintenant un homme épuisé qui s’est trop explosé les poumons à hurler ses transports à de fausses belles-âmes pour au final n’avoir en retour qu’un écho de silence face à ses bateaux ivres.
Des silences tellement violents qu’il était seulement possible d’entendre le bruit de la vie alentour se pétant la gueule. Je vais redevenir, l’espace d’un instant, les pupilles de mes 16 printemps et te parler à nu une dernière fois avant de ne devenir un fac-similé de moi-même, un autre Antonin – un connu, pas toujours aimé, mais considéré comme faisant partie de l’élite, construit sûr-mesure comme ses costumes. Car avec toi je ne suis qu’un ado perdu avec, au creux de sa main, un peu d’espoir.
Et si je ne prends qu’une heure pour toi, c’est que je ne peux t’en offrir plus, il s’agit du peu de temps qu’il me reste avant que l’hélicoptère ne me dépose à Cherbourg. Cette ville portuaire, comme un petit bout du monde, ce genre de ville où les gens passent, mais ne vont pas, car il n’y a rien après que l’horizon. Et pourtant, je suis sûr que plein de choses auraient pu te plaire là-bas : je connais un coin en bord de mer, presque vierge, où je n’ai jamais emmené que mes amis, et une fille, une fois. Il est magnifique et toi qui n’a jamais vu l’océan, ça t’aurait peut-être assez rempli le coeur pour te sauver de cette noirceur qui ne t’aura jamais lâchée. Il m’arrive encore souvent de rêver que je nage encore habillé dans ce petit coin de paradis…

En tout cas je ne veux pas l’emporter avec moi, car quand je serai à des années lumières de tout ça, la nostalgie me rattrapera et tu le sais suffisamment ma Pumpkin, la nostalgie est probablement l’un des pires ennemis de l’espèce humaine. Perso, quand cette connasse m’agrippe, je l’attrape, la saigne et écris une histoire avec son sang, qu’elle serve au moins à quelque chose.
Tu vois, j’aurais aimé être comme le Sinitra de My Way « regrets, I’ve had a few, but then again, too few to mention ». Mais soyons honnête, des regrets, je n’ai que ça. Voir la vie du bon côté n’a jamais été le genre de la maison, et à chaque fois que j’ai eu espoir en quelque chose, le destin, la vie, ou autre, s’est toujours arrangé pour le noyer. C’était souvent une femme d’ailleurs.. et te marre pas, t’en as fait partie ! Je ne veux pas te jeter la pierre mais tu es dans le top 3 des personnes qui m’ont détruit : en pole position, un homme qui sera mort dans quelques heures et en seconde, ma génitrice, ce qui peut potentiellement te surprendre mais tu as loupé beaucoup d’épisodes ; si j’ai le temps je te ferai un petit récapitulatif, mais avant parlons de nous veux-tu ? Même si ce n’est que moi qui vais jacter ce n’est pas grave dans le fond, tu as toujours su, comme personne, n’être que silence quand j’m’ouvrais, ce qui me servait de palpitant.
Ma première question est : pourquoi, à chaque fois que j’ai vu un avenir avec une autre, c’était toujours elle qui se barrait, qui avait trop peur de l’avenir ? Suis-je donc laid à ce point quand je crois en quelque chose, en un futur, en une mutualité de deux êtres imparfaits ? Loin de moi l’idée d’être trop mélo, mais il y a un truc que j’ai clairement jamais pigé… et me raconte pas que l’amour finit toujours mal, c’est des conneries. Pour sûr que ça termine en feu follet si personne ne fait rien, si les deux n’avancent pas l’un vers l’autre. Nous n’avons pas vu de bataille gagnée sans solidarité. Alors ouais, clairement, notre fâcheuse tendance à l’égocentrisme, l’opportunisme et à l’auto-protection font qu’on n’avance pas, mais laisse-moi te raconter l’ironie mordante de la situation, toi qui avais un humour bien cinglant, je te promets qu’à la fin de cette lettre tu vas t’en payer une bonne tranche.
Alors j’suis pas devenu musicien et j’sais bien que j’avais dit que j’abandonnerai jamais et que je finirai sur une scène immense avec ma guitare , mais que veux-tu – les choses ont pris un autre tournant. Finalement j’suis devenu écrivain ; qui l’aurait cru ! Ce sont les mots qui vont me sauver de l’extinction de l’humanité, haha – Même moi ça me fait rire. Mais ce n’est pas ça le plus drôle, attends la fin… J’avais écrit quelques petites histoires, principalement pour des meufs, mais rien de vraiment sérieux, c’était souvent juste un prétexte d’inspiration et c’était vraiment pas terrible. Je pense même qu’il y en a une d’elle que je me suis persuadé d’aimer pour pouvoir mettre plus de tripes dans mes pages, mais à la relecture c’est flagrant que ça cause pas vraiment d’elle, ni qu’il n’y a vraiment de tripes, mais j’aime bien le résultat quand même. Bien sûr, c’est pas ça qui m’a filé mon billet pour derrière le soleil, mais ça m’a permis d’avoir une base de potes et de moins potes qui ont lu le truc et qui ont plutôt aimé.
Non, le vrai point déclencheur c’est ELLE ! Celle dont je n’ai pas le droit de prononcer le prénom ! On va l’appeler Rose veux-tu ? J’ai pensé à ce prénom en lisant le Petit Prince ! La simplicité de son dialogue avec la rose avant qu’il ne quitte sa planète m’a transpercé le coeur et m’a immédiatement fait penser à elle.
« Je n’aurais jamais dû m’enfuir ! J’aurais dû deviner sa tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires ! Mais j’étais trop jeune pour savoir aimer. »
Et si tu l’as pas lu, c’est dommage, faut avouer. Du coup je te dessine un Petit Prince et sa rose sur leur astéroïde.

Bref, revenons à nos moutons…
Rose, Rose, Rose, je pourrais te la décrire, mais vraiment je n’ai pas de mots, faut comprendre que je suis devenu écrivain plus par accident que pour mon talent ou ma technique. Si j’avais du temps, je pourrais écrire et re-écrire mille fois un paragraphe pour t’expliquer sa beauté, son âme, son corps nu lorsque le soleil perçait les vitres de sa chambre venant déposer de l’or sur ses flancs, et cetera, mais putain j’ai juste pas de temps, plus de mots, je l’ai déjà trop écrit, et bordel j’ai un putain de meurtre à commettre, ça serait juste parfaitement déplacé. Mais crois-moi Lou, my little Pumpkin, qu’est-ce qu’elle était putain de magnifique. Quoi qu’il en soit, je sais pas par où commencer pour t’expliquer tout ça, surtout avec le peu de temps qu’il me reste, je… »
Le pilote de l’hélicoptère savait qu’il ne fallait pas le déranger. Il connaissait Antonin depuis maintenant plusieurs mois, au début il le prenait pour un cliché de starlette prétentieuse, mais lorsque qu’il lui avait proposé de faire passer sa copine dans le groupe des futurs survivants, il avait changé d’avis. Chaque personne sélectionnée pour faire parti de L’ELITE avait le droit à quelqu’un pour les accompagner, comme dans un mariage en somme, sauf qu’Antonin n’avait personne. Il suppose que sa bouffonnerie avait su éloigner les quelques prétendantes assez folles pour se ruiner la vie avec lui. Et comme lui n’était que militaire, il n’avait droit qu’à sa propre place. C’est pour cette raison qu’il avait accepté de l’emmener dans un pâtelin au fin fond de la Manche pour buter un type. Il n’aurait jamais pensé qu’il lui demanderait ça – lui toujours souriant, essayant d’être gentil, prompt à la discussion, bien habillé et la coiffure impeccable. Il ne savait que très peu de choses sur lui, car s’il avait la parole facile, ce n’était que rarement pour parler de lui sans jouer le rôle que le public et les médias lui avait créé. Il l’avait côtoyé assez longtemps sur le comptoir du bar du complexe réservé aux survivants pour savoir que derrière les apparences se cachait un tout autre type. Il avait écrit, il y a quelques années de celà, un livre sur le viol qu’il avait subi quand il était enfant et les ventes avaient explosées ! On voyait sa gueule partout, dans toutes les émissions, et même là il ne semblait jamais être trop à l’aise en compagnie des autres invités et de leurs questions. Quoi qu’il en soit, en le voyant assis à l’arrière de l’hélico, le regard perdu dans l’obscurité d’un ciel neurasthénique, il savait que cet homme n’avait rien de plus que les autres si ce n’est le courage de s’ouvrir le ventre avec des mots. Le pilote l’interrompit dans ces pensées, alors qu’il semblait réfléchir à ce qu’il pouvait écrire sur le carnet qu’il tenait sur ses genoux, pour lui informer qu’ils arriveraient à destination dans une trentaine de minutes. Antonin lui fit un signe de tête et re-plonga son regard dans le néant.
Quoi qu’il en soit, je sais pas par où commencer pour t’expliquer tout ça, surtout avec le peu de temps qu’il me reste, je…
«  Désolé Lou, le pilote m’a perdu dans le flot de mes pensées, ouais, donc… oui, par où commencer ? J’ai rencontré Rose alors que j’étais déjà engagé depuis plusieurs années avec une nana. L’amour, il n’y en a jamais vraiment eu entre cette dernière et moi, mais plus une sorte de lien d’attachement terriblement fort qui nous a permis de tenir ensemble face au fracas d’un grand nombre d’épreuves. Mais alors que l’idée de vivre ma vie dans cette situation me semblait être une bonne idée, je suis tombé sur Rose. Et tu vois, les conneries romantiques que tu vois dans les films, genre le crush, l’explosion dans ta vie, etc… bah ça a été elle. Le truc qui n’arrive qu’une fois. Il s’en est fallu que de quelques semaines pour que je lui propose de partir avec moi, de recommencer une vie ailleurs, mais c’était trop tôt pour elle. Je lui ai proposé plusieurs fois par la suite, mais à chaque fois il y avait autre chose. Faut croire qu’une évidence n’est pas commune et que le coup de foudre peut n’arriver que dans un sens. Bref, pas le temps ni l’envie de tout te décrire, les moments de bonheurs, les matins câlins, les ballades, restaurants, cafés, soirées, baisers, rires, engueulades, explosions de colère, mensonges, manipulation, sourires et amour, que nous nous sommes fait bouffer l’un et l’autre. Avec du recul, tout ça est tellement con… je pense sincèrement que comme Camille et Perdican, Musset et Sand, nous aurions pu finir autrement. Tout ça aurait pu être tellement beau, il suffisait de voir tout ce que nous partagions en étant un secret, alors imagine tout ce que ça aurait pu être si nous avions été moins cons.
Bref, quand elle est partie je me suis effondré, mais… nous reviendrons sur ça un peu plus tard car c’est plus compliqué qu’une simple rupture et si elle n’a pas sa place dans mon top 3, c’est que d’autres choses ont été plus dégueulasses…Mais j’ai préféré commencer cette lettre en parlant de la beauté et de mon amour, certes perdu, mais qui a su être beau. Mais je n’ai pas voulu lâcher l’affaire, pas cette fois, j’ai voulu que ça puisse continuer, me dire qu’il fallait du temps pour rebondir mais que ça irait. Les semaines les plus horribles de ma vie ont suivi, puis je me suis enfermé pendant une semaine dans une maison perdue en campagne, et j’ai écrit, écrit et écrit. Je passais mes journées dans une sortie de bain, à noircir des feuilles de papiers à l’abri d’un foyer de cheminée flamboyant, me réchauffant le coeur à coup de whisky et alignant les phrases les unes derrière les autres, à l’imaginer me regardant m’échiner, à l’autre bout de la pièce, les yeux pétillants comme elle seule savait me les porter, à attendre que je mérite son amour. En une semaine j’avais écrit deux histoires. Mais une me semblait être meilleure que l’autre, moins gnangnante et faussement grandiloquente, plus fantasque et aboutie. Je suis parti d’une nouvelle que j’avais commencé à écrire sur elle alors que nous étions ensemble. Elle m’avait demandé à plusieurs reprises quand elle serait finie, qu’elle voulait la lire… et je lui répondais à chaque fois que ça dépendrait aussi du point final de notre amour.
L’histoire commençait ainsi :
Elle était belle, un petit bout d’ivresse dans une grande âme, une lumière au bout d’une grève, de celles indispensables quand on prend la mer. Elle avait l’odeur des fleurs de saisons, d’celles qui font chavirer le coeur et le reste, parfois même celle des connifères. Au matin, ses yeux embrumés savaient assagir celui ou celle qui les regardait, un trésor semblant ne pas appartenir à ce monde, se battant furieusement contre la folie ambiante.  Elle vivait dans son atelier au bout d’une ruelle parisienne où les touristes ne vont pas. Et malgré sa vie nocturne, elle s’entêtait à dire qu’elle n’aimait pas les gens, une personnalité parfois antithétique qui faisait son charme. Quand tu pensais la connaître, que tu t’approchais de trop, elle s’enfuyait, comme un animal blessé par une existence qu’elle même avait du mal à comprendre et appréhender. Et comme le temps l’avait quelque peu cassée, elle mettait le sien à profit pour réparer les montres et horloges appartenant aux autres. Des petite lunettes sur le nez, toute une armada d’outils, une montre offerte par un ami ou un amant, un large établi, quelques loupes, et c’était tout ce qu’il lui fallait pour travailler. Elle était souvent en retard sur ses commandes, elle avait peur de mal faire et aimait procéder avec patience. Parfois, certains clients, lassés d’attendre, ne revenaient pas chercher leur bien. Alors elle les mettait dans une boîte en bois aux finitions de métal, sur le comptoir avec une pancarte « servez-vous ». Elle ne comprenait pas les gens qui oubliaient aussi vite l’importance de l’attachement, si l’on tient vraiment à quelque chose il faut avoir le temps et la patience de combattre la frustration de l’attente. C’est comme ça qu’elle essayait de voir les choses. Mais ça ne fonctionnait pas à tous les coups. Debout, penchée à l’ouvrage, surplombant son espace de travail, elle termine de réparer une montre à gousset qui appartenait à un client régulier qui venait faire réparer l’ensemble de ses reliques par ses mains expertes. Sa femme était décédée quelques années plutôt et il compensait son absence en contemplant sa collection de montres. Il lui avait dit une fois qu’il attendait juste que Dieu vienne le ceuillir lui aussi mais qu’en attendant il n’était pas triste, car le bonheur l’avait accompagné pendant près de soixante printemps et qu’un jour, il le retrouverait. Sur la devanture, son prénom trônait en lettrage capitale doré aux jambages ample et avec de fine goutes typographique [..]
Et c’est là que j’avais inscrit son prénom, son vrai prénom. Elle qui m’avait toujours reproché d’avoir été un secret et de l’avoir caché à mes amis, ma famille et aux yeux de tous, voilà que tout le monde était maintenant au courant. Autant te dire qu’elle n’a pas apprécié. Alors bien sûr je ne l’ai pas partagé comme ça. J’avais fait lire quelques chapitres à droite à gauche et surtout, je les lui avais envoyés car je voulais son autorisation pour démarcher des éditeurs. Je n’avais pas eu de contact avec elle depuis plusieurs mois, si ce n’est quand elle avait eu besoin d’un service pour une broutille. Une fois le service rendu, une nouvelle disparition. Elle a demandé à ce qu’on boive un verre, et très rapidement elle en est venue au fait qu’elle avait trouvé « mon truc sympa », mais que je ne pouvais pas utiliser son prénom. Elle m’a balancé ça à l’abri d’une tonnelle de terrasse de bar alors que la pluie violente s’écrasée sur les pavés tout autour de nous.
Une nouvelle fois j’ai eu l’impression d’un vide immense, quand tout ton corps devient lourd, le coeur et les paupières, que tu n’as plus rien à dire car plus rien ne peut être dit. C’est dans l’orage d’un début d’été que mes 9 derniers mois se sont crashés sur l’asphalte. Et le reste de la conversation n’est plus qu’un vague souvenir. C’est comme si nous ne nous étions pas quittés, à l’exception du fait que je n’étais plus rien pour elle. J’avais été bête de croire qu’elle m’aimerait à nouveau.
Je lui avait écrit un conte car je voulais que ce soit beau, loin du réel, que nous puissions voyager dans le temps et les univers grâce à cette histoire de petite horlogère à qui j’avais donné ses traits et son coeur. J’aurais voulu qu’elle l’aime, que ça la touche, qu’elle entende et comprenne qu’on ne fait pas tout ça si on n’aime pas vraiment la personne. Mais ma remonteuse d’aiguilles était déjà bien loin, celle que j’avais connue n’était plus. Alors je l’ai renommée Rose. Au début je voulais l’appeler PERSONNE, car c’est ça qu’elle voulait être pour moi, plus PERSONNE. Comme Ulysse dans son Odyssée. Mais si elle avait réussi à si bien continuer sa vie et oublier ces deux années passées ensemble, moi je ne pouvais m’y résoudre. De toute façon, je m’étais déjà assez ridiculisé à faire tout ça pour quelqu’un qui n’en avait rien à foutre.

 

 

Vidéo : © derrière le soleil. provenant de rushs du clip Hydaulic du groupe BENDS

Acteur : Nino Rocher

Illustration : Morgane Ubeda sur la base de personnage d’Antoine Saint Exupery